Questions – Réponses

Questions Fréquemment Posées
FAQ – Paysans-Artisans

 

Table des matières

 

1.    Paysans-Artisans en quelques mots… et en quelques chiffres ?. 2

2.    Quel est le cœur du projet Paysans-Artisans ?. 4

3.    Changer de modèle, oui mais comment ?. 5

4.    Pourquoi une coopérative à finalité sociale ?. 6

5.    La coopérative Paysans-Artisans, c’est démocratique ?. 6

6.    Pourquoi de l’e-commerce ?. 8

7.    Pourquoi le territoire des 9 communes ? Pourquoi n’allez-vous pas plus loin ?. 9

8.    Est-ce qu’il faut être coopérateur pour acheter ?. 10

9.    Est-ce qu’il faut acheter toutes les semaines ?. 11

10.  Tous les produits vendus par Paysans-Artisans ne sont pas bio ? Pourquoi ?. 11

11.  Un produit de « qualité différenciée », qu’est-ce ?. 12

12.  Qu’est-ce qu’un Point de R’Aliment ?. 13

13.  Comment fait-on pour créer un Point de R’Aliment ?. 14

14.  Comment devient-on producteur pour la coopérative Paysans-Artisans ?. 15

15.  Quelle marge prend la Coopérative ? Pour quoi faire ?. 15

16.  Que font les salariés ? Que font les bénévoles ?. 16

17.  Qui sont vos amis ? Qui sont vos adversaires ?. 17

18.  Tous ceux qui font du circuit court font finalement la même chose, non ?. 18

19.  Vous ou la ruche qui dit oui, c’est du pareil au même ?. 19

20.  Un groupement d’employeurs, c’est quoi ? pourquoi ?. 20

21.  Pourquoi avez-vous créé l’ASBL « Les Ateliers Paysans-Artisans » ?. 21

22.  Vous avez créé un Invest, vous êtes des capitalistes ?. 22

23.  Pourquoi avoir créé une agence foncière ?. 23

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1.Paysans-Artisans en quelques mots… et en quelques chiffres ?

 

Voici une « carte d’identité » de Paysans-Artisans, dans laquelle il est possible de piocher…

 

Paysans-Artisans :

  • a été créé en mai 2013, par des coopérateurs qui veulent résister ensemble à la disparition des petites exploitations et des artisans, à l’industrialisation de l’alimentation, à l’hyper concentration de la distribution, à l’uniformisation du goût et à l’appauvrissement des savoir-faire ;
  • se déploie sur le territoire de 9 communes : Anhée, Floreffe, Fosses-la-Ville, Jemeppe-sur-Sambre, Mettet, Namur, Profondeville, Sambreville et Yvoir ;
  • compte aujourd’hui plus de 60 producteurs, qui mettent en vente plus de 1.000 produits différents, bios ou de qualité différenciée ;
  • enregistre maintenant entre 500 et 700 commandes par semaine, avec une commande moyenne qui avoisine les 45€ ; le chiffre d’affaires est de 100.000€ par mois ;
  • permet l’enlèvement des commandes dans 13 Points de R’Aliment 
  • compte 4 salariés (+ 10 salariés du groupement d’employeurs) et plus de 320 bénévoles ;
  • développe de nombreux projets : marchés et micro-marchés de producteurs, activité de Petit Grossiste, projets par filière de production, groupement d’employeurs, agence foncière, ateliers d’échanges de savoir-faire, formations et conférences, resto des partisans chaque vendredi… ;
  • a créé, pour mener ces différents projets, 4 structures juridiques : la coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans » ; l’asbl « Les Ateliers Paysans-Artisans ; le groupement d’intérêt économique « Groupement d’employeurs Paysans-Artisans » et la coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans Invest » ;
  • a créé avec d’autres coopératives l’ASBL « 5 C » (Collectif des Coopératives Citoyennes de Circuit Court), pour développer divers projets : partage d’expériences et d’outils ; réflexion sur les outils de production « collectifs » ; réflexion sur les magasins à la ferme et magasins de proximité ; espace dédié au Circuit Court à Namur.

 

2.Quel est le cœur du projet Paysans-Artisans ?

Paysans-Artisans œuvre pour le déploiement d’une agriculture paysanne et coopérative et plaide pour un changement de modèle agricole et d’alimentation, qui n’est possible que si des solidarités concrètes s’établissent entre producteurs et citoyens.

L’industrie agro-alimentaire produit une alimentation de plus en plus aseptisée, normée, sans diversité.  Sur le plan sanitaire, les pratiques industrielles et les crises alimentaires à répétition inquiètent.

L’agriculture paysanne privilégie, en revanche, la diversité des races animales, des espèces végétales et des goûts.  L’agriculteur paysan est attentif aux rythmes naturels de culture et d’élevage et à l’impact de sa production sur l’environnement.  Il affiche d’ailleurs une totale transparence sur ses modes de production et sur les intrants utilisés.

L’agriculteur paysan cherche à renforcer son autonomie vis-à-vis des fournisseurs de semences, d’engrais et d’équipements agricoles. Il réduit sa dépendance en produisant une partie de ses semences et en diminuant, parfois radicalement, les doses d’engrais chimiques et de produits phytopharmaceutiques. 

L’agriculteur paysan refuse également la course au gigantisme et à l’investissement : course foncière, équipements toujours plus puissants,… L’artisan-transformateur, de façon similaire, refuse le recours aux produits semi-préparés proposés par l’industrie.  Il travaille des produits primaires de qualité et diversifiés.

La coopérative Paysans-Artisans soutient donc les producteurs artisanaux, fiers de leurs savoir-faire, qui commercialisent des produits bios ou de qualité différenciée, autonomes et libérés des contraintes de l’agro-industrie en amont et de la grande distribution en aval. Par ailleurs, la coopérative Paysans-Artisans ne vend que les produits de ses producteurs.  Elle ne se fournit pas auprès de grossistes. Lorsqu’elle ne trouve pas les produits sur son territoire, elle va un peu plus loin pour trouver ce qu’elle cherche ou travaille avec d’autres structures qui défendent de chouettes projets pour compléter sa gamme (ex : Magasins du Monde Oxfam pour le riz et les fruits secs ; la Coopérative Les Galline Fellici de Sicile pour les agrumes ; la Coopérative Lenika de Crète pour l’huile d’olive,…).

 

3.Changer de modèle, oui mais comment ?

Le même objectif anime tous les projets portés par Paysans-Artisans et ses quatre structures juridiques : le déploiement de l’agriculture paysanne et coopérative. 

L’ambition est économique : le circuit-court doit gagner des parts de marché, pour permettre à des petits producteurs et à des artisans-transformateurs de développer leur activité.

Mais l’ambition n’est pas qu’économique.  Elle est aussi politique, sociale et culturelle

Un changement de modèle implique qu’on crée du sens et qu’on suscite de l’intelligence collective.  C’est la raison pour laquelle l’Atelier Université Populaire organise des formations et des ciné-débats en lien avec les thèmes de l’agriculture et de l’alimentation. 

Un changement de modèle implique aussi qu’on valorise les échanges de savoir-faire et l’autoproduction.  C’est la raison pour laquelle l’Atelier Cuisine, l’Atelier Jardinage, le Repair Café s’activent.

Enfin, un changement de modèle implique qu’on s’intéresse au prix excessif des terres agricoles, à la pollution des sols, aux crises alimentaires à répétition, à la survie économique de certains producteurs, au manque d’emplois, à la disparition des commerces de proximité, à l’isolement des personnes, … et qu’on se mobilise ensemble pour développer de l’activité à taille humaine respectueuse de notre environnement, d’une part, pour recréer du lien social, d’autre part.

Paysans-Artisans ne craint pas de prendre position et de mobiliser autour d’enjeux en rapport avec ses préoccupations.

 

4.Pourquoi une coopérative à finalité sociale ?

Paysans-Artisans est une société coopérative à responsabilité limitée et à finalité sociale (SCRLfs).  Il est donc clair que les objectifs sociaux guident l’action économique de la coopérative : dynamisation de l’agriculture artisanale ; diffusion/partage des savoir-faire agricole, jardinier et culinaire ; diffusion d’une alimentation diversifiée, goûteuse, de qualité et accessible à tous ; développement de rapports sociaux plus conviviaux, plus solidaires… (articles 3 et 4 des statuts))   

Certes, la rentabilité de la société est une condition indispensable à sa pérennité.  Mais l’objectif n’est certainement pas la rentabilité maximale et la rémunération du capital.  Paysans-Artisans ne distribue d’ailleurs pas de dividendes à ses coopérateurs.  Les bénéfices sont intégralement réinvestis dans le développement des activités (article 28).

Les coopérateurs de Paysans-Artisans ne réfléchissent donc pas en financiers, mais investissent dans l’espoir que l’action coopérative permettra d’atteindre les finalités sociales.

 

5.La coopérative Paysans-Artisans, c’est démocratique ?

Paysans-Artisans a créé 4 structures juridiques pour gérer ses différentes activités :

  • La société coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans », coopérative de producteurs et de consommateurs, compte aujourd’hui près de 400 coopérateurs.  Son Conseil d’Administration est composé de 15 membres, dont 6 producteurs. Chaque Point de R’Aliment est représenté ou invité à ce Conseil. Les salariés y sont également présents.

Des groupes de travail (ex : réunions par filière de production ; création d’un observatoire sur la qualité et les prix) sont créés pour permettre une large participation à la vie coopérative.

Un bureau, composé de la présidente, de la secrétaire, du trésorier, d’un administrateur et des salariés assure la gestion quotidienne et prépare les Conseils d’Administration.

  • L’asbl « Ateliers Paysans-Artisans », créée en 2014, est gérée par un Conseil d’Administration composé de 10 personnes.  Chaque Point de R’Aliment est représenté ou invité.

Les responsables des différents ateliers ont une large autonomie d’organisation.

Les décisions du Conseil d’Administration sont préparées par un bureau. 

  • Le groupement d’intérêt économique « Groupement d’employeurs Paysans-Artisans », créé en 2015, compte 15 membres : 14 producteurs et la coopérative Paysans-Artisans, qui en assure la gérance.
  • La société coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans Invest » compte 117 coopérateurs.  Son objet : rassembler les fonds pour aménager les nouveaux locaux.  La coopérative est pilotée par 5 administrateurs.  Des informations sur les choix effectués et l’état d’avancement des travaux sont régulièrement envoyées à tous les coopérateurs. 

 

Par ailleurs, Paysans-Artisans agit en totale transparence :

  • Les coopérateurs et consommateurs (plus de 4.000 personnes) reçoivent une newsletter hebdomadaire qui reprend les informations essentielles sur les produits, producteurs et les activités.
  • La lettre des partisans est éditée tous les 2 mois.  Elle comprend des informations plus concrètes sur les actions des uns et des autres au sein de la coopérative et de l’asbl.  Elle est adressée aux 320 bénévoles et aux 60 producteurs.
  • Trois mises au vert ont été organisées durant le 3ème trimestre 2016, pour débattre des projets : mise au vert des Conseils d’Administration, des bénévoles et des producteurs.
  • Différentes réunions sont organisées avec les producteurs (par filière de production) ou dans les Points de R’Aliment (pour les bénévoles et les consommateurs).  Les informations économiques ou sur les projets sont diffusées et débattues en toute transparence.
  • Des rencontres avec des représentants de tous les Points de R’Aliment permettent également de recueillir les avis, de mieux se connaître, d’échanger sur les pratiques et de s’entraider.

 

6.Pourquoi de l’e-commerce ?

L’e-commerce est séduisant à divers titres :

  • gain de temps pour le producteur, puisqu’il se préoccupe peu de la commercialisation (il doit juste encoder ses produits et ses prix et livrer ce qui est commandé) ;
  • gain de temps pour le consommateur, qui peut commander au même moment (choisi) tous les produits artisanaux souhaités et – quelques jours plus tard – les embarquer tous, en un seul lieu (choisi)
  • peu de déchets et de gaspillages, et donc peu de pertes, puisque le producteur récolte ou prépare ce qui est commandé ;
  • facilité du système : site d’e-commerce convivial, pas de manipulation d’argent, commande préparée à l’avance,…

L’e-commerce pourrait cependant être perçu comme « anonyme », voire peu convivial.  Pour parer à cet inconvénient et favoriser la rencontre, Paysans-Artisans organise des marchés et micro-marchés ; assure la visibilité des producteurs par des campagnes de promotion ; envoie une newsletter chaque semaine, avec des informations sur les différents produits ; encourage les consommateurs à bavarder et à boire un verre lors de l’enlèvement des commandes ; organise des rencontres pour que les partisans se connaissent et se reconnaissent…

L’équipe de Paysans-Artisans est aussi consciente que l’e-commerce est complémentaire à d’autres modes de commercialisation.  C’est la raison pour laquelle elle a créé l’activité de Petit Grossiste (vente aux commerces de proximité non franchisés, magasins à la ferme, restaurants,…) et qu’elle réfléchit à l’ouverture d’un espace dédié au Circuit Court à Namur.

 

7.Pourquoi le territoire des 9 communes ? Pourquoi n’allez-vous pas plus loin ?

La république de Paysans-Artisans compte 9 communes : Namur, Profondeville, Anhée, Yvoir, Floreffe, Fosses, Mettet, Jemeppe et Sambreville.  Ce territoire s’est construit progressivement autour de Floreffe (lieu où la coopérative a été créée) et de Namur.

Les raisons pour lesquelles Paysans-Artisans est dans ces 9 communes sont les suivantes :

  • on y trouve une gamme de produits alimentaires très diversifiée (si le territoire est plus limité, la gamme de produits est insuffisante) ;
  • la distance qui sépare les producteurs de la coopérative pour venir livrer est économiquement acceptable ;
  • les consommateurs potentiels sont suffisamment nombreux, surtout autour et au sein du pôle urbain (Namur) ;
  • le lien social, la connaissance et reconnaissance de l’autre ne peut se faire que dans une logique de proximité.

La décision de se limiter à ces 9 communes a donc été prise :

  • pour une question de cohérence : des acteurs locaux pourraient /devraient prendre l’initiative ailleurs, pour forcer le déploiement de producteurs sur leur propre territoire ;
  • pour une raison économique : livrer à plus de 20-25 km prend du temps, n’est pas optimal…;

Cela étant, Paysans-Artisans aide et soutient d’autres acteurs qui souhaitent lancer le même type d’initiative sur d’autres territoires (ex : Le Cellier à Lobbes ; Hesbicoop autour de Waremme-Hannut ; un projet sur Florennes Gerpinnes ; un projet à Fernelmont…).  L’asbl 5C, dont Paysans-Artisans est un des membres fondateurs, regroupe des coopératives citoyennes en circuit-court.  Elle vient d’être créée.  Elle a notamment pour objet de partager les expériences, de mutualiser certains équipements informatiques et de développer différents projets communs.

 

8.Est-ce qu’il faut être coopérateur pour acheter ?

Non.

Il ne faut pas être coopérateur pour être consommateur… ni d’ailleurs être coopérateur pour être bénévole ou être bénévole pour être consommateur.  Mais rien n’interdit cependant de cumuler les trois qualités !!!

Paysans-Artisans a en effet besoin de tous, coopérateur, bénévole, consommateur :

  • En achetant une part à 50€ ou à 150€, les coopérateurs sont membres de la coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans ». Ils participent à l’Assemblée générale, et donc à la réflexion, à la construction du projet collectif et aux décisions stratégiques.  Sans leur engagement, la coopérative n’aurait pas de sens.
  • Les bénévoles participent tantôt à la distribution des commandes dans un Point de R’Aliment, tantôt à l’assemblage des produits au QG de Paysans-Artisans, à un atelier de l’asbl, au Conseil d’Administration d’une des structures,…  Sans leur travail, la coopérative n’aurait pas de force.
  • En achetant leurs produits à Paysans-Artisans, les consommateurs permettent aux producteurs et aux artisans de vivre de leur passion.  Sans leur confiance, la coopérative et les producteurs ne pourraient pas se déployer. 

 

 

9.Est-ce qu’il faut acheter toutes les semaines ?

Non.

Il est possible de commander quand on veut (toutes les semaines, une semaine sur deux,…) et ce que l’on veut (un peu ou beaucoup) !

Le mieux est bien évidemment d’acheter les produits de Paysans-Artisans chaque semaine. Un soutien sporadique aux producteurs est un bon début. Mais consommer un maximum de manière alternative est l’idéal.  L’appui est alors continu, les producteurs actuels sont « rassasiés » et d’autres petits producteurs peuvent se lancer dans l’aventure.

La gamme de produits est large : plus de 1000 produits bio ou de qualité différenciée. Il est même possible de se passer de la grande distribution… (sauf, bien sûr pour les produits d’entretien).

L’inscription sur le site n’engage à rien.  Une fois inscrit, on reçoit un mail en début de semaine, les  nouveaux produits de l’étal y sont mentionnés ainsi que les diverses activités de Paysans-Artisans. Ce mail sert aussi, en quelque sorte, de « piqûre de rappel »… pour inciter à passer commande.  Mais il n’y a rien d’obligatoire !

 

10.Tous les produits vendus par Paysans-Artisans ne sont pas bio ? Pourquoi ?

Paysans-Artisans vend des produits, que l’on pourrait catégoriser de la manière suivante :

  • produits labellisés « bio » ;
  • produits « bio », mais non labellisés ;
  • produits de producteurs « en reconversion bio » ;
  • produits de « qualité différenciée ».

Différentes raisons justifient le choix de vendre d’autres produits que des produits labellisés « bio » :

  • La proximité et/ou le circuit court permet au consommateur de connaître le producteur et sa  manière de travailler.  Il interroge, s’informe, échange. Dans ce contexte, la labellisation n’est plus toujours nécessaire pour certifier de la qualité de la production et gagner la confiance du consommateur.
  • Le label coûte cher, surtout pour les petits producteurs.  Une partie significative des producteurs travaillent en bio mais ne sont pas labellisés.
  • Derrière le même label « bio » se trouvent de petits artisans et de gros propriétaires terriens.  Ils travaillent pourtant de manière bien différente : les uns, dans le cadre d’une agriculture paysanne ; les autres en produisant de manière quasi industrielle.  Le label est donc de plus en plus souvent critiqué : l’étiquette peut rapporter gros à certains…
  • Il est capital de travailler avec les agriculteurs qui travaillent la terre depuis des générations et qui sont dans un mouvement de réflexion. Paysans-Artisans accompagne le changement…

 

11.Un produit de « qualité différenciée », qu’est-ce ?

Issu de l’agriculture paysanne, le produit de « qualité différenciée » est différent, de par sa qualité, de ce que propose par exemple la grande distribution.

Le produit de « qualité différenciée » se distingue donc par :

  • Sa qualité gustative. Ces produits ont du goût. Ils ne sont pas aseptisés par les conservateurs, par la standardisation, le calibrage, toutes ces contraintes de production éditées par le secteur de l’agro-alimentaire et de la grande distribution.
  • Sa diversité.  Diversité des races, diversité des variétés de légumes et de fruits, diversité et originalité des plats préparés…
  • Son impact environnemental. Le producteur est attentif aux rythmes naturels de culture et d’élevage et à l’impact de sa production sur l’environnement.  Il réduit sa dépendance en diminuant les doses d’engrais chimiques et de produits phytopharmaceutiques.  Il affiche une totale transparence sur ses modes de production et sur les intrants utilisés.
  • La qualité de l’emploi et le savoir-faire du producteur. Les producteurs sont fiers de ce qu’ils font. Ils ont un savoir et un savoir-faire qui est souvent en voie de disparition.  
  • La provenance du capital. Derrière le produit se retrouve une petite structure à taille humaine (un à deux, trois, quatre, … emplois). Il ne s’y cache donc pas un gros investisseur et de petits employés.

 

12.Qu’est-ce qu’un Point de R’Aliment ?

Un Point de R’Aliment (PR) est un « point de dépôt » de Paysans-Artisans.

Il existe à l’heure actuelle 13 Points de R’Aliment : Floreffe, Spy, Saint-Gérard, Saint-Servais, Vedrin (le vendredi) ; Namur-Cinex, La Plante, Salzinnes, Godinne, Sambreville, Flawinne, Dave (le jeudi) ; l’Université de Namur (le lundi).  Sont annoncés pour le samedi matin, à partir de mai 2017 : Anhée, Balâtre, Jambes,…

Le fonctionnement ?

  • Du samedi 20h au mardi (mercredi) 23h59, le consommateur compose sa commande, parmi les produits disponibles, et choisit le Point de R’Aliment où il retire cette commande (le choix se fait par défaut, sauf si le consommateur coche un autre lieu) ;
  • Le consommateur enlève sa commande dans le Point de R’Aliment choisi, souvent entre 16h et 19h, le jeudi, le vendredi ou le lundi.  Rencontres et convivialité sont au programme, autour d’un verre…

Ce sont des bénévoles qui tiennent les Points de R’Aliment.  Des citoyens engagés provenant du village ou des environs de l’emplacement du PR. Des personnes voulant consommer autrement, animer leur quartier, participer au changement de modèle pour l’agriculture…

Chaque Point de R’Aliment est représenté au Conseil d’Administration de la coopérative Paysans-Artisans et de l’asbl Ateliers Paysans-Artisans.

 

13.Comment fait-on pour créer un Point de R’Aliment ?

Un petit groupe de personnes convaincues du bienfondé du projet Paysans-Artisans souhaite créer un Point de R’Aliment dans son fief.  Comment ?

  • Les membres du groupe rencontrent l’équipe de Paysans-Artisans à Floreffe, souvent un vendredi après-midi, autour d’un verre…
  • Une réunion « plus large » est ensuite organisée par ce groupe, dans son quartier ou dans son village.  Toutes les personnes intéressées sont conviées. L’équipe de Paysans-Artisans y explique le projet et les aspects pratiques propres à l’ouverture d’un Point de R’Aliment.
  • Le groupe s’élargit ; il organise une ou deux réunions afin de trouver un local, d’organiser la communication, etc.
  • Une date d’ouverture est fixée.
  • Les flyers propres à l’ouverture du Point de R’Aliment sont imprimés, puis distribués.
  • Et, c’est parti !

Le Point de R’Aliment, chaque semaine, c’est :

  • Une ouverture le jeudi ou le vendredi, en début de soirée (par ex : 16h à 19h) ou le samedi en journée (par ex. : 11h à 13h).
  • La réception des marchandises, une heure avant l’accueil des consommateurs (par ex : 15h).
  • L’assemblage du frais, une heure avant l’accueil des consommateurs (par ex : 15h)
  • L’accueil des consommateurs (+ gestion de la caisse de la Coopérative, car quelques remboursements et ventes).
  • Un bar à tenir (+ gestion de la caisse du Point de R’Aliment)

Le plus souvent, le Point de R’Aliment organise un planning des bénévoles sur 2 tranches horaires (par ex : de 15h à 17h et de 17h à 19h). 

 

14.Comment devient-on producteur pour la coopérative Paysans-Artisans ?

Lorsqu’un producteur situé sur le territoire couvert par Paysans-Artisans (territoire des neuf communes) souhaite entrer dans la coopérative, il en fait la demande.

Une rencontre (ou plusieurs) est organisée avec le coordinateur de la Coopérative.  Objectifs : faire connaissance, goûter le produit, comprendre le mode de production et le mode de fonctionnement du producteur, expliquer la finalité et la charte de la coopérative …

Si cette rencontre est fructueuse, un mail est envoyé à l’ensemble des producteurs de Paysans-Artisans, pour solliciter leur avis sur l’entrée ou non du nouveau producteur.

Enfin, le Conseil d’Administration de la coopérative décide, en tenant compte :

  • des avis rendus par les producteurs, y compris et surtout des éventuels producteurs positionnés sur les mêmes types de produits ;
  • de la qualité des nouveaux produits, du mode de production, de l’esprit collectif et coopératif du producteur… ;
  • des besoins de la coopérative.

 

15.Quelle marge prend la Coopérative ? Pour quoi faire ?

La coopérative Paysans-Artisans prend :

  • une marge de 20% sur le prix de vente, pour la vente via le site d’e-commerce ;
  • une marge de 10% sur le prix de vente, pour la vente via l’activité de Petit Grossiste (vente aux magasins à la ferme, aux magasins de proximité, aux restaurants, aux collectivités…) ;
  • une marge de 0%, pour la vente sur les marchés et micro-marchés organisés par la coopérative et les Points de R’Aliment.

 

Ces marges représentent un peu moins de 20.000€/mois, ce qui permet de payer :

  • les salaires (salariés de Paysans-Artisans et salariés du Groupement d’employeurs pour le temps d’utilisation de ceux-ci) et des frais inhérents à l’engagement de personnel ;
  • le loyer pour le bâtiment à Floreffe (à Paysans-Artisans Invest), les charges, la maintenance, le nettoyage… ;
  • la communication et la promotion ;
  • la maintenance du logiciel ;
  • différents frais tels qu’assurances, comptable, téléphone, frais de véhicule, amortissements de matériel…

 

16.Que font les salariés ? Que font les bénévoles ?

Paysans-Artisans compte 4 salariés (3 ETP) et travaille avec un logisticien / transporteur indépendant.  Ces salariés assurent l’organisation, la gestion et le déploiement de la coopérative.  Ils sont à la fois le relais des producteurs, des bénévoles et des consommateurs.

Paysans-Artisans est aussi membre du Groupement d’employeurs Paysans-Artisans (GEPA). A ce titre, Paysans-Artisans recourt – le jeudi et le vendredi – à la main d’œuvre des 10 salariés du GEPA, pour assurer une partie de l’assemblage des produits et leur transport.  Le GEPA facturera en 2017 plus de 3.000 heures de travail à la coopérative (soit quasi 2ETP).

Paysans-Artisans engage aussi des étudiants ou défraye des jeunes bénévoles sans emploi, pour l’assemblage des produits ainsi que pour le service au Resto des partisans.

Et puis, Paysans-Artisans compte sur l’énergie de plus de 320 bénévoles, pour assurer l’assemblage des produits avec les salariés, pour distribuer les commandes aux consommateurs dans les différents Points de R’aliment, pour animer un atelier de l’ASBL « Ateliers Paysans-Artisans », pour tenir un stand Paysans-Artisans sur un marché ou lors d’une manifestation, pour s’engager dans un groupe de travail ou dans un Conseil d’Administration,…

 

17.Qui sont vos amis ? Qui sont vos adversaires ?

Paysans-Artisans travaille de plus en plus avec d’autres coopératives citoyennes telles que « Le Cellier de Lobbes » (pays de Lobbes), « COOPESEM » (Entre Sambre et Meuse), Hesbicoop (Hannut – Waremme), Solidairement (province du Luxembourg)…  L’asbl 5C a d’ailleurs été créée en ce sens (voir FAQ n° 7). 

Paysans-Artisans a également beaucoup de respect pour des projets coopératifs tels que Coprosain, Agricovert, Bees Coop, Coopeco, Les Compagnons de la terre…  Les initiatives émanent de producteurs et/ou de citoyens militants.  Le soutien à l’agriculture paysanne est franc.  La dimension collective est vraiment présente.

En revanche, Paysans-Artisans n’est pas l’ami :

  • de la grande distribution : Carrefour, Colruyt, Intermarché, Delhaize,… pour lesquels la logique de profit est prépondérante et la concentration du capital extraordinaire.  Dans la grande distribution, on presse et on spolie les producteurs.  Dans la grande distribution, on endort les consommateurs.  Dans la grande distribution, tout doit être standardisé et aseptisé : les produits (calibrés, brillants, arrosés), les producteurs (contraints à travailler de manière industrielle) et les consommateurs (poussés à acheter sans trop savoir).
  • d’entreprises telles que Hellofresh ou Smartmart, qui propose des boîtes-repas prêtes à l’emploi (recette détaillée, produits dosés), livrées à domicile ou à retirer dans un supermarché.  Elles trichent sur leur présentation et sur les produits avec lesquels elles travaillent.  Hellofresh, par exemple, tient plus du groupe industriel (présent dans 9 pays !) que de la start-up locale.  Elle délivre ses boîtes-repas à ses clients belges depuis La Haye…
  • de la « Ruche qui dit oui », projet pour lequel la moitié de la marge file dans les mains d’actionnaires déguisés (voir FAQ n°19).

 

18.Tous ceux qui font du circuit court font finalement la même chose, non ?

Pas tout à fait !

Il existe une multitude d’initiatives dans la région : Agricovert, Magasins D’Ici, EFARMZ, Topino, La Ruche qui dit oui, les GAC (Groupement d’achats en commun)… ainsi que certaines moyennes ou grandes surfaces qui se lancent – le plus souvent pour une question d’image – dans la commercialisation de produits locaux.

Pour les distinguer, il nous semble qu’il faut analyser les projets sous différents angles :

  • Le cœur du projet : chaque initiative poursuit des objectifs spécifiques.  Ceux de Paysans-Artisans sont clairs.  Paysans-Artisans œuvre pour le déploiement d’une agriculture paysanne et coopérative et plaide pour un changement de modèle agricole et d’alimentation, qui n’est possible que si des solidarités concrètes s’établissent entre producteurs et citoyens. Voir FAQ n°2 et n°3.
  • Les producteurs / les produits : certaines initiatives mettent l’accent sur les producteurs et produits bios (ex : Agricovert), d’autres sur les produits locaux (ex : les Magasins D’Ici).  Travailler avec les producteurs et les consommateurs bios, c’est important, mais c’est pour nous trop restrictif (cfr question FAQ 10).  Et miser sur les produits locaux, c’est risquer de tomber dans du « sous-localisme », en laissant parfois croire que « parce que c’est local, c’est bon » ou « parce que c’est local c’est artisanal », ce qui n’est pas juste. 

La coopérative Paysans-Artisans s’est quant à elle focalisée sur le soutien aux producteurs artisanaux, fiers de leurs savoir-faire, qui commercialisent des produits bios ou de qualité différenciée, autonomes et libérés des contraintes de l’agro-industrie en amont et de la grande distribution en aval. Voir FAQ n°2

  • La dynamique et la gouvernance : certains projets ont été créés davantage à l’initiative de producteurs (ex : Coprosain) ; d’autres par des entrepreneurs privés, sans véritable dynamique collective (ex : Magasins D’Ici). 

Paysans-Artisans est une coopérative de producteurs et de consommateurs/militants.Le Conseil d’Administration en est d’ailleurs le reflet. Voir FAQ n°5

  • Le mode de commercialisation : Paysans-Artisans a choisi l’e-commerce, comme beaucoup d’opérateurs (Agricovert, Efarmz, La Ruche qui dit oui). 

Ce qui distingue la coopérative Paysans-Artisans : elle organise un grand marché virtuel, où les producteurs sont libres de fixer les quantités offertes et les prix de leurs produits ; les consommateurs peuvent commander ce qu’ils souhaitent (pas de paniers) ; elle ne vend que les produits des producteurs (pas de fournitures auprès de grossistes) ; les producteurs ne doivent pas être présents lors de la vente (contrairement à La Ruche qui dit oui) ;…

  • L’utilisation de la marge : les acteurs circuits-courts prennent une marge différente : de 0% à 50%.

Ce qui distingue la coopérative Paysans-Artisans : cette marge sert à payer les salaires du personnel, louer/financer le bâtiment, faire la promotion, organiser la commercialisation, soutenir les producteurs, soutenir les Points de R’Aliment (qui fonctionnent avec des bénévoles), organiser des marchés et micro-marchés… Personne ne met de l’argent en poche, contrairement à des initiatives privées ou à des initiatives telles que « la Ruche qui dit oui », qui profitent à des actionnaires.

 

19.Vous ou la ruche qui dit oui, c’est du pareil au même ?

Quatre différences majeures.  Dans les Ruches :

  • Il n’y a pas d’autre soutien aux producteurs que celui de l’achat de leurs produits ;
  • Les producteurs livrent eux-mêmes et assurent la distribution ;
  • Il y a peu de précision sur le type d’agriculture soutenue : produits pas forcément bio, et pas forcément issus de l’agriculture paysanne. Chaque ruche choisit les producteurs fournisseurs en fonction de ses priorités.
  • La gouvernance du projet est spécifique : le modèle économique est quasi immuable, construit à Paris ; si chaque indépendant gère son point de vente local, l’économie du modèle est gérée ailleurs ;
  • La moitié de la marge des 700 Ruches file dans les mains des actionnaires.

 

20.Un groupement d’employeurs, c’est quoi ?

Lors de réunions avec les producteurs, nous avons fait le constat que certains d’entre eux avaient besoin d’être aidé, soit de manière récurrente pour un temps de travail peu important ou variable (ex : aide tous les lundis et mercredis matins à la ferme de la Sarthe), soit en saison, de manière ponctuelle, parce que leur activité est en partie saisonnière (ex : plus de travail en automne pour le pressage et la fabrication des jus de fruits chez Jimmy ; plus de travail en hiver pour s’occuper des agnelages chez Marc ; plus de travail de mai à octobre chez les maraîchers)

Pour répondre à ces différents besoins, Paysans-Artisans et 14 producteurs ont décidé de créer le Groupement d’employeurs Paysans-Artisans (GEPA) sous la forme d’un groupement d’intérêt économique (gie).  Le seul objet social du GEPA est  la mise à disposition de main d’œuvre, au profit des producteurs intéressés et de la coopérative (pour l’assemblage). Le salaire des travailleurs est payé par le GEPA, qui facture à ses membres le nombre d’heures de travail effectué.

Les avantages pour les producteurs membres du GEPA sont :

  • Les travailleurs ont un contrat régulier, alors qu’ils sont souvent in fine moins d’un tiers temps chez chacun d’entre eux (minimum requis pour un contrat de travail) ;
  • Aucune gestion administrative de l’engagement, gestion assurée par la coopérative ;
  • Ils bénéficient des effets positifs des aides à l’emploi, ce qui permet de diminuer le coût de la facturation ;
  • Ils travaillent avec des salariés qui apprennent, se perfectionnent, ont une situation stable…

Les avantages pour les travailleurs sont :

  • Un contrat de travail à long terme (CDI, si possible) et donc une certaine stabilité ;
  • Un travail varié, des tâches multiples ;
  • La possibilité d’apprendre, en confrontant les expériences, les réalités organisationnelles et professionnelles ;
  • Des rencontres – un réseau, avec et chez le producteur, avec les autres travailleurs du GEPA, avec la coopérative P-A ;

Le GEPA compte 10 travailleurs (pour 6,4 ETP).

 

21.Pourquoi avez-vous créé l’ASBL « Les Ateliers Paysans-Artisans » ?

Nous avons une ambition économique, commerciale. Nous souhaitons peser sur le marché alimentaire, du moins sur celui du territoire des 9 communes.

Mais là n’est pas notre seule ambition.  Le monde ne changera pas, si l’économie n’est pas réfléchie et pensée ensemble.  Le monde ne changera pas, si nous ne partageons pas nos savoir-faire et si nous ne nous ouvrons pas à ce qui se passe ailleurs.

C’est la raison pour laquelle les Ateliers Paysans-Artisans (APA) ont été créés, sous forme d’une ASBL.

Ce qui l’anime ? 

Des ateliers d’échange de savoirs- faire : atelier jardinage, atelier APA soif, atelier cuisine, Repair Café

Des ateliers d’ouverture sur le monde : le camp international des jeunes, les rencontres alternatives paysannes

Des ateliers de réflexion sur le monde, en lien avec l’action coopérative et citoyenne, qui organise une formation longue (ex : sur l’accès à la terre en 2015-2016 ; sur la grande distribution et les circuits courts en 2017) et des ciné-débats.

 

22.Vous avez créé un Invest, vous êtes des capitalistes ?

Non, pas vraiment…

Nous avons créé une coopérative à finalité sociale « Paysans-Artisans Invest », dont l’objet est de trouver des moyens pour financer les besoins en infrastructure de Paysans-Artisans.

Nous avons créé une structure supplémentaire pour deux raisons :

  • Faire en sorte que les parts sociales soient de 1000€ et 100€ (au lieu de 150€ et 50€ à la coopérative Paysans-Artisans).  Le porteur de la part à 1000€ pourra bénéficier d’un petit dividende, à terme.  Pour financer des investissements, il est utile d’avoir des parts sociales d’une valeur plus importante.
  • S’assurer que l’investissement soit sauvegardé si, pour une raison ou l’autre, Paysans-Artisans doit cesser ses activités.

La coopérative Paysans-Artisans Invest a financé la rénovation de l’ancien hangar aux marchandises de la manière suivante : 175.000€ de capital citoyen, une participatin de 100.000€ de la Société Wallonne pour l’Economie Sociale Marchande (Sowecsom) et un crédit de 125.000€.  Ce 1er bâtiment intègre des fonctions multiples : réception et assemblage des commandes ; stock ; distribution des commandes du Point de R’Aliment de Floreffe ; salle de réunion, de fête, de restaurant ; cuisine équipée ; atelier de transformation partagé.

Ce bâtiment n’était qu’une première étape.  Les espaces de réception et de stockage ne suffisent plus vu le développement des vente aux particuliers et le lancement du service de Petit Grossiste.  Un second bâtiment verra le jour en 2018.  Cette nouvelle construction abritera sur deux niveaux les fonctions suivantes : un espace de circulation pour desservir les deux bâtiments (ascenseur et escalier), des bureaux, un vaste espace de stockage comprenant une grande chambre froide, deux ou trois ateliers de transformation qui seront investis par des artisans de la coopérative.

Le second bâtiment sera normalement financé par un subside « hall relais agricole » (200.000€), du capital citoyen (150.000€), la SOWECSOM (150.000€) et un crédit (100.000€).

 

23.Pourquoi avoir créé une agence foncière ?

Les petits producteurs en activité qui souhaitent augmenter leur production et les jeunes porteurs de projets agricoles ne trouvent pas aisément de terrains à cultiver.  L’achat est devenu impossible pour beaucoup d’entre eux ; ils ne peuvent en effet débourser 20.000 à 50.000€ pour un hectare de terre. Et la possibilité de location est de plus en plus rare, vu la rigidité de la loi sur le bail à ferme d’une part, du « retour à la terre » (via des régisseurs) des grands propriétaires, d’autre part.

Par ailleurs, mais pas si loin, de nombreuses parcelles « interstices » sont laissées en friche ou sont sous-exploitées, souvent justement aussi parce que les propriétaires ne veulent pas être « enfermés » dans les contraintes d’un bail à ferme.  Or, ces parcelles pourraient convenir pour du petit élevage, de la fauche, du maraîchage ou de la fruiticulture.

Paysans-Artisans organise la rencontre entre cette demande importante de terres des petits producteurs et cette offre potentielle de terres de propriétaires bienveillants.  Comment ?

1° En sensibilisant des propriétaires privés ou institutionnels à l’intérêt commun de créer de l’activité économique sur leur terrain.

2° En proposant des solutions juridiques (convention de commodat à titre gratuit) qui permettent à la fois au propriétaire et à l’occupant d’être satisfaits. 

3° En permettant aux futurs occupants de lancer ou d’augmenter une production, d’en vivre (même partiellement) et de servir autant que possible la coopérative en fruits, légumes, viandes, fromages…

Deux expériences positives ont vu le jour.  Quelques autres projets sont en cours de réalisation.  L’activité économique développée par le biais de cette agence permet de redonner vie à des parcelles initialement laissées à l’abandon.